06.23.09
Les clandestins de la fertilité (suite)
Les débats qui ont lieu actuellement avant la révision de la loi de bioéthique me passionnent. Mères porteuses, dons d’ovocytes… Mes problèmes de fertilité n’y sont pas pour rien. Mais pas seulement…
Je trouve par exemple tout à fait anormal et scandaleux que les couples homosexuels n’aient pas le droit en France d’adopter ou d’avoir recours à l’AMP (Assistance médicale à la procréation). Pourquoi un couple d’homos ne serait-il pas capable d’élever un enfant ? Pourquoi doit-il forcément y avoir un père et une mère et pas deux mamans ou deux papas ? Vous croyez que les mineures qui tombent enceinte sans l’avoir désiré feront de bonnes mères ? Et les pères qui battent leurs enfants ? Cette interdiction de principe n’est rien d’autre que de l’homophobie. Ni plus, ni moins.
Pour moi, ce qui compte plus que tout, c’est le désir d’enfant. C’est d’avoir envie de se consacrer à un petit être qui n’a rien demandé. Et pour les homos, ce désir a forcément été longuement interrogé, débattu, mûri. A cause des barrières techniques qui se dressent devant ce désir profond.
C’était mon coup de gueule du soir. J’aurais pu épiloguer plus avant mais j’ai du mal à trouver les mots. La prochaine fois, je vous parlerai de la levée de l’anonymat pour le don de gamète. Une demande que j’ai beaucoup de mal à comprendre…
Je me doute bien que mes convictions ne font pas l’unanimité. Mais qu’importe… Il est temps que nous évoluons sur tous ces sujets. Car en attendant, les clandestins de la fertilité, homos ou femmes stériles, vont chercher hors de l’Hexagone, en Belgique, en Espagne ou plus loin encore, ce qui n’est pas permis sur notre territoire. Et la France ferme les yeux. C’est d’une hypocrisie sans nom.
Edit: A la relecture de ce billet, je me dis que c’est la première fois que je ne parle pas que de moi et de moi-même. Ca fait du bien aussi !