et surtout des brouettes

Plan B

J’y pense. De plus en plus. Au plan B. Celui qui nous permettra de devenir parents malgré tout. Je suis bien obligée d’y penser, je n’arrive même pas à franchir la première étape de la FIV: la ponction. C’est aussi, je crois, une façon de me protéger, de ne pas sombrer après chaque tentative inaboutie.

Penser à notre future famille me fait rêver et me donne du baume au coeur. Si nous arrivions au bout des tentatives avec mes ovules, nous sommes d’accord depuis un moment avec mon homme pour avoir recours à un don d’ovocytes. Lui serait pour tenter notre chance en France, moi pour aller en Espagne. Mais on a encore le temps de se décider sur les détails pratiques. Pourquoi le don ? Pour deux raisons essentielles. La première : si je pourrais renoncer à un Mininous issu de mon ovule et de son spermatozoïde, j’ai du mal à accepter le fait de ne jamais vivre une grossesse, même si, ultra surveillée, la mienne ne sera sans doute pas aussi idyllique que je pourrais l’imaginer.
La deuxième: elle permettrait que ce soit quand même la gamète de mon homme. Ca soulagerait pas mal ma culpabilité. Mon homme « fonctionne » parfaitement bien et se retrouve dans les galères de PMA « à cause » de moi (je sais qu’il va être passablement agacé en lisant ces lignes, mais c’est tout de même ce que je ressens).

Mais, dans ma famille idéale, il n’y a pas qu’un enfant. Alors, pour le deuxième (que le premier soit arrivé biologiquement ou par don), je nous vois bien nous tourner vers l’adoption. Pour la rencontre de deux manques : un manque d’enfant d’un côté et un manque de parents de l’autre. C’est une autre forme de don de part et d’autre qui me touche beaucoup.

Voilà, ce serait au final ma famille (re)composée en fonction des aléas de la vie, des progrès de la science et de rencontres. Un enfant porté et un enfant adopté. Mon rêve de petite fille légèrement remanié mais pour tout autant de bonheur.

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26 réflexions au sujet de « Plan B »

  1. C’est vrai que le don d’ovocyte passe par une réflexion à 2 et seule aussi, car c’est toi qui dois accepter de ne pas transmettre tes gênes. J’ai fait ce parcours et je suis auj enceinte grâce à un don en Espagne, qui a marché du 1er coup (insuffisance ovarienne moi aussi).

    Au début de ma grossesse, ça m’a fait bizarre d’être enceinte de cette façon. J’avais peur de ne pas « reconnaître » ce bébé comme le mien à la naissance… Et puis là, après 7 mois 1/2 de grossesse, mes doutes sont complètement dissipés. Je porte ce bébé, je le sens bouger, je vis cette relation si particulière, je vais le mettre au monde. Ce sera mon enfant et j’accepte sa petite part d’inconnu, qui de toute façon existe pour chaque enfant qui arrive… un petit inconnu qu’on apprivoise et qui nous apprivoise.

    J’espère que ta pma marchera et si vous deviez en arriver au plan B, je te conseille un accompagnement psychologique avec un psy spécialisé pour mener la réflexion nécessaire et s’orienter vers le meilleur choix pour vous ! Bon courage !

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  2. Que c’est difficile de se projeter vers notre avenir… surtout quand on l’imagine plus sombre… De notre côté, on imagine se pencher sur le dossier d’adoption après FIV2 si elle ne marche pas. Histoire de gagner un peu de temps….
    J’espère que tes vacances se passent à merveilles. Bisous

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  3. c’est clair que je parlerai aussi plus d’un pb de couple plutôt qu’un pb de l’hom ou de la femme ! Je croise les doigts pour que vos projets aboutissent rapidement. Bizz

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  4. Allez sur la culpabilité, je comprends, bien que le terme ne soit pas approprié : il s’agit plutôt selon moi d’une acceptation de soi.

    Je suis comme toi et mon compagnon réagit exactement comme le tien. N’empêche… Ce choix d’être ensemble est un choix commun, mais s’il a envie d’un autre enfant il peut le faire… sans moi. Par chance, la famille qu’il veut, il l’entend avec moi. Mais pour moi ça n’est pas une obligation, mais un choix.
    Qui plus est, rien n’est jamais acquis, et fort heureusement d’ailleurs.

    Donc, c’est bien moi qui ne peut pas être fertile, pas mon compagnon, mais on l’assume bien à deux. Et c’est bien comme ça.

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  5. Je voudrais rebondir sur l’option Espagne. Je ne suis pas allée jusqu’au don d’ovocytes, mais je suis passée par 4 FIV. Je n’en ai fait aucune dans le centre de PMA le plus proche de chez moi, mais j’ai eu la chance d’en faire 3 à côté de chez mes parents et une à côté de chez ma tante. A chaque fois, on migrait pour 10 ou 15 jours et honnêtement, ça a été super agréable de ne pas se retrouver tous seuls dans une chambre d’hôtel, mais plutôt confortablement installés et entourés. Par ailleurs, j’ai trouvé vachement important de pouvoir bien communiquer avec les équipes, pour me rassurer en cas de besoin (donc souvent). C’est une des raisons pour lesquelles on n’est pas allé au centre de PMA voisin: la seule fois où j’y suis allée pour une écho et une prise de sang, ils ont été limite aimables (sentiment confirmé par d’autres qui sont passés par là). Tout ça pour dire que ce confort et cette possibilité d’échange, je ne les aurai pas eu à l’étranger, même si je baragouine l’espagnol et je pense qu’il ne faut pas non plus les négliger en prenant sa décision.

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    1. C’est une Audrey qui répond à une autre Audrey 😉

      J’ai une amie qui a eu recours au don d’ovocytes l’an dernier (insuffisance ovarienne). Elle l’a fait en Espagne dans une clinique barcelonaise et de ce qu’elle m’a dit, l’accueil a été très bon et tout s’est fait en français. La remplaçante de ma gynéco (française je précise) m’a aussi dit l’autre jour que cette clinique lui avait proposé un poste là bas… Bref, je dis juste ça pour rassurer sur l’éventuel obstacle de la langue sur place.

      Pour revenir à mon amie : elle a aujourd’hui une magnifique petite fille (ça a marché du 1er coup après 4 ans d’échecs en PMA ici). Elle a bcp réfléchi avant d’y avoir recours mais elle n’a jamais regretté son choix. Et elle repart dans quelques mois pour un petit 2ème.

      Personnellement, je ne sais pas si j’y aurais recours si on me disait que c’était là ma seule possibilité d’avoir un enfant « naturellement ». Mais en suivant le parcours de mon amie, je suis sûre au moins d’une chose, c’est qu’elle et son mari y ont mis beaucoup d’amour et qu’au final, ils sont de formidables parents.

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      1. Merci les Audreys pour vos éclairages. Pour le moment, je ne suis pas allée aussi loin dans la réflexion. C’est plus une porte ouverte au cas où… Disons que j’y vais étape par étape.

        PS : Audrey E., je me suis permise d’effacer le nom de la clinique que tu citais. Je ne veux pas que ce blog devienne pro telle ou telle clinique, pro tel ou tel gynéco. J’espère que tu ne m’en voudras pas. Merci en tout cas de nous avoir raconté le parcours de ton amie, c’est plein de réconfort.

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      2. Merci Audrey pour ces infos qui sont rassurantes pour celles et ceux qui y pensent. Quant à moi, mon chemin vers la maternité m’a emmenée et m’emmènera vraisemblablement plus au sud encore…

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  6. Je suis exactement dans la même situation: impossible de « produire » des ovules (même pas un) de compétition et donc nos tentatives de FIV n’ont jamais passer le cap de la ponction, alors une FIV réussie! ca devient un rêve inaccessible. Ma gynéco m’oriente vers le don d’ovocyte. Elle m’a carrément conseillé d’aller en Espagne, c’est plus rapide et les donneuses sont plus jeunes donc les chances de réussites seraient meilleures. Et ça semble bien gêré et réglo. Mais personnelement je ne me sent pas prête, alors que je me sent prête pour une adoption et que ce « plan B » me console dans les moments de doute. Pour moi le don d’ovocyte ça veut dire renoncer à un bébé de NOUS 2, un mélange de lui et moi. Et je ne peux pas m’empêcher de penser à la donneuse, de me dire que ce sera un mélange de mon mari et d’une autre et ça pour le moment ça me bloque. Mon entourage ne comprend pas, dans la mesure où je le porterai mais j’ai peur de ne pas m’approprier cette grossesse et peut-être même ce bébé. J’imagine que de l’avoir porté 9 mois efface ces doutes mais pour le moment ça me bloque. Je m’accroche à mes derniers petits ovules! L’adoption c’est autre chose, une autre démarche, qui ne me pose pas les mêmes questions existentielles mais me donne au contraire la pêche.

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    1. C’est bizarre, je n’ai aucun de ces doutes concernant la donneuse. Je m’en fiche complètement. Mais bon encore une fois, ce sont des choix très personnels. Merci de nous faire partager les tiens en tout cas.

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    2. S’approprier un enfant qui n’est pas de soi, ni de son conjoint peut ne pas être aisé non plus. Mais l’adoption étant quand même plus répandue que le don d’ovocytes, il y a, je pense, plus de possibilités d’être accompagnés toute au long de la longue procédure, pour s’y préparer.
      Cela étant, je crois que le plus important est d’avoir un plan B quel qu’il soit qui permette de garder espoir. Ca aide bien à surmonter les désillusions et échecs…

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      1. Oui tu as raison, à chacun son plan B mais il est nécessaire pour se rebooster dans les moments de « creux »!
        En attendant profitez des vacances pour oublier autant que faire se peut tous les soucis et profiter de la vie!

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  7. Dites donc les filles, vous n’êtes pas en vacances, loin de toute ordinateur. Bon ça fait plaisir de vous sentir tout prêt.

    Je suis d’accord avec vous. L’infertilité est un problème de couple (j’ai bien compris que sinon j’allais me faire engueuler) parce qu’il impacte un projet de vie commun. Il n’empêche au fond de moi, il y a cette petite voix de la culpabilité. Je ne peux pas faire comme si elle n’existait pas. Elle ne me ronge pas, ne me mine pas (parce que mon homme, vous l’aurez compris, fait tout pour m’apaiser) mais elle est là. Et je vis aussi avec.

    Pour le plan B, nous verrons en son temps… J’ai encore envie de croire au plan A pour le moment.

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  8. L’infertilité est un problème de couple. Je suis celle pour qui normalement « tout est ok » dans le couple et pourtant, je me considère comme infertile. Mon couple est infertile, donc je suis infertile. Qu’importe l’origine du problème…
    L’important est d’être parfaitement d’accord sur la façon d’avoir des enfants et de suivre ce chemin, jamais facile, ensemble.

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  9. J’aime beaucoup le commentaire de ton homme. En effet, je crois qu’il faut voir l’infertilité comme un problème de couple plutôt que comme un problème d’individualités. Ca évite aux uns et autres soit de culpabiliser, soit de rejeter la faute sur l’autre.
    Quant au don que ça soit d’ovocyte ou de sperme, je suis assez admirative envers ceux qui se lancent. Ca n’a pas été notre projet. D’abord, ça ne s’est pas avéré de circonstance, puisqu’on a toujours réussi à avoir des embryons. Ensuite, au bout de 4 FIV et 2 TEC, on en avait un peu marre: notre projet familial était ailleurs, en Afrique. Mais surtout parce qu’il nous était inconcevable d’avoir un enfant qui ne soit biologiquement que de l’un de nous. J’ai l’impression qu’il y a alors un déséquilibre et que pour le coup, ça marque encore plus la responsabilité de celui qui est défaillant. C’est mon côté tout ou rien.

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    1. Je peux tout à fait comprendre ta position. Ce sont des choix tellement personnels. L’important est de les faire à deux. Dans ma vision des choses, il n’y aurait pas de déséquilibre parce que ce serait sa gamète mais moi qui le porte. Mais encore une fois, c’est une vision très personnelle.

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  10. Je te comprends tout à fait. D’abord, de rester positive sur la FIV, parce qu’il suffit d’une fois, et les corps ne sont pas des machines, ils peuvent changer d’avis…
    Ensuite, de privilégier le don d’ovocyte avant l’adoption. Je pense que porter un enfant neuf mois et en accoucher, vivre cela à deux comme vous le ferez (je trouve ton mari, non pas courageux car ce n’est pas une question de courage, mais très mur), représente vraiment 100% de l’expérience d’une conception « naturelle ». Je trouve dommage que mon amie, qui a abandonné la FIV, ait écarté cette hypothèse d’emblée, mais elle était plus âgée que toi et les FIV à répétition l’avaient épuisée. Donc, garde un peu d’énergie en réserve pour cette seconde solution.

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  11. Pour le don d’ovocytes il faut avoir moins de 36 ans et être déjà maman. C’est trop con j’y avais pensé donner mes ovocytes car chez moi tout est OK c’est mon mari qui pêche. Bref, si les lois n’étaient pas si restrictives.
    En plus mon traitement FIV je l’ai bien supporter donc si ça doit refaire pareil pourquoi pas pour une autre…
    Voilà trop con !
    Sinon essayes l’Espagne. Au niveau éthique je ne vois pas où ça poserait problème. J’ai vu des documentaires c’est assez bien contrôlé. Ils cherchent à choisir des donneuses qui ressemblent aux receveuses.

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  12. Le don d’ovocytes en espagne, quoique coûteux, est bien plus rapide… En France, il est si rare que peu de couples peuvent y prétendre. Et c’est long paraît-il. Peu de chances pour celles qui ont déjà un enfant et en souhaite un autre sans y parvenir.
    Après, d’un point de vue ethique, c’est peut-être mieux en france…
    Le don est possible me semble-t-il, pour toute femme en âge de procréer, mais faut-il avoir « fini de faire des enfants »? Je ne sais pas. Pas sûre.
    Et puis l’adoption bien sûr.
    En tout cas, ce sont des possibles et c’est bien qu’ils existent.

    Je boierai un coup en l’honneur de ton rêve, afin qu’il se réalise. Les « entorses de moyens » ne sont que peu de choses dans ce cas…

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  13. Je suis « passablement agacé en lisant ces lignes ».
    Nous sommes en PMA parce que nous voulons fonder une famille ensemble et que Dame Nature nous met des bâtons dans les roues. Mais c’est une chose que l’on veut faire à deux. Donc ce ne sont pas ses problèmes d’insuffisance ovarienne, mais NOS problèmes d’insuffisance ovarienne.
    Donc plan A, plan B, FIV, don d’ovocyte, adoption… ce sont des « combats » que nous mènerons côte à côte, comme nous serons ensemble pour leur faire ranger leurs chambres et vérifier que les devoirs sont faits.

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  14. Si je pouvais, je donnerai mes ovocytes. Malheureusement, je crains que lorsque j’aurais fini de faire des enfants, je serai trop vieille…

    L’adoption, c’est un beau projet ça aussi. Encore un parcours long et semé d’embûches.

    Quelle que soit la manière, je te souhaite de réaliser ton rêve.

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