et surtout des brouettes

48 brouettes plus tard…

Ces jours-ci, un 4 s’affiche au compteur. Quatre ans d’essais bébé. J’aimerais bien ne pas compter mais on ne se refait pas. Je suis sensible aux dates, aux anniversaires. Et puis, il y a quatre ans, nous emmenagions dans notre trois pièces, prêts à agrandir la famille. Nous n’imaginions pas une nanoseconde que quatre ans plus tard, la deuxième chambre serait toujours vide. Nous étions alors jeunes, beaux, insouciants… Nous avions la vie devant nous.

Quatre ans, 48 cycles, 48 brouettes plus tard… Je ressens avant toute chose un incroyable coup de vieux. Les soucis, ma bonne dame, sont passés par là. L’infertilité m’est tombée sur la tête et a provoqué une véritable révolution copernicienne. Il m’a fallu apprivoiser cette nouvelle partie de moi-même. Cette part non créative.

Mais, malgré les souffrances accumulées, le bilan n’est pas que négatif. Ces quatre ans ont aussi été émaillées de surprises, de découvertes, de rencontres…

48 brouettes plus tard, je me connais mieux, mes limites mais aussi mes envies, mes failles mais aussi mes forces. J’ai fait la paix avec mon passé. Aujourd’hui, je sais qui je suis, je sais où je vais. Et j’aime chaque jour un peu plus l’homme merveilleux qui partage ma vie.

48 brouettes, et après ? Quand l’infernal décompte vat-il s’arrêter ? Personne ne peut me le dire. Nous avons au minimum fait la moitié du chemin, selon moi. Au mieux, je serai enceinte dans quelques mois grâce à FIV4, au pire, l’adoption nous apportera notre enfant dans trois à cinq ans.  Le mieux et le pire n’étant pas la manière de fonder notre famille mais le temps qui nous sépare de cette étape tant désirée.

Si j’avais pu influer sur le cours de mon existence, évidemment je me serais épargnée tant d’épreuves. Mais 48 brouettes plus tard, je fais avec.

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15 réflexions au sujet de « 48 brouettes plus tard… »

  1. Je venais vous lire à l’époque où j’essayais d’avoir un bébé. J’ai ce bébé désormais ; il a plus d’un an. Et quel égoïsme dans ces cas-là, quand on a réussi à accomplir son propre rêve. Je vous avais oublié, ne songeant plus à la difficulté quotidienne d’espérer enfanter. Je vous relis aujourd’hui, tellement désolée de ne pas lire de si bonnes nouvelles que ça. Je pense bien à vous, et vous envoie toute la patience, le courage, la force et l’énergie nécessaires.
    Bien à vous.

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  2. Quand je lis ton post …. je me dis quelle philosophie de vie ! Je viens tout juste de rentrer de la clinique ( où n’est plus la première dame !! Ouf !!!) où je viens de subir une deuxième intervention à cause de l’endométriose et j’ai un peu le moral dans les chaussettes mais grâce à ce que je viens de lire je me dis que je ne dois pas baisser les bras, nous cela fait un peu plus de 2 ans que l’on a commencé le parcours …. il faut y croire jusqu’au bout !
    MERCI

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  3. Je ressens chaque mot de la même manière qu’écrit dans cet article, à la virgule près… Je suis à la fois chamboulée, et soulagée de ne pas avoir à chercher quoi écrire dans mon journal perso: même si j’ai passé 48 mois à raconter mes impressions jour après jour, tu m’as fait gagné du temps pour raconter ce que représente tout ce temps…
    Et surtout l’espoir que ces longs mois déjà endurés présage pour 2012.

    Bonheur et Bb, rien de plus, rien de moins…

    Je t’embrasse!!

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  4. alors moi je tique sur « nous étions jeunes et beaux »… étions??? comme tu l’as dit, votre combat a renforcé votre amour, vous a rendu plus forts, vous a appris à mieux vous connaître, l’un et l’autre, l’un avec l’autre. Vous êtes donc plus beaux qu’il y a 4 ans, crois-moi. Quant à la jeunesse… elle passe de toute façon!

    Avec ce post il me semble que tu tournes une page : celle du désespoir. 2012 sera forcément l’année du renouveau, d’un nouveau destin, que FIV4 fonctionne ou pas.

    gros bisous de soutien!

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  5. Tu sais, je vais te dire quelque chose qui va peut-être te choquer (je n’espère pas car ce n’est pas le but, et je sais à quel point le chemin est long et douloureux), mais je t’envie vraiment sur ton couple. Malgré ces épreuves, vous semblez plus amoureux que jamais, et cela n’est pas donné à tout le monde de trouver « THE one ».
    Je t’embrasse fort, courage et quoi qu’il arrive je suis confiante pour vous 2 et bientôt 3.

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  6. je rebondis juste sur 2 de tes phrases :

    « le bilan n’est pas que négatif »… je dirais plutôt le bilan n’est pas négatif point à la ligne ! il vous a renforcé et fait découvrir ensemble d’autres facettes de la vie. 4 ans c’est long oui, ce sont des étapes de digestion pas évidente mais au bout du compte on y arrive. Je suis toujours étonnée de voire que notre capacité à encaisser, à aller de l’avant, à ne pas se laisser abattre, à garder le moral, le sourire et le rire n’a fait qu’augmenter avec les épreuves, je veux croire que cela fait aussi partie de la magie de création. Différente oui… et alors ? Je considère toujours que nous sommes dans un processus de création quel qu’il soit : naturel, aidé ou adopté. C’est le regard des autres qui nous fait penser que nous ne réalisons pas, nous ne créons pas… car nous sommes différents.

    « Le mieux et le pire n’étant pas la manière de fonder notre famille mais le temps qui nous sépare de cette étape tant désirée. »
    c’est tellement juste ce que tu dis…et c’est là où parfois, il ne vaut mieux pas se retourner ni compter car ça fait mal tellement c’est injuste et dur. Vous menez l’aventure FIV jusqu’à son terme, c’est courageux ; pour nous, on arrête les frais, il y a trop de risques et pour moi et pour l’éventuel enfant, on part sur le chemin de grande randonnée de l’adoption : 4 ans si tout va bien, rajoutés au 5 ans et demi d’aide médicale, c’est long… mais on y croit. Comme on dit en italien : « chi va piano, va sano, chi va sano va lontano » (qui va doucement, va sûrement, qui va sûrement, va loin)

    Après tant de chemin, qu’on ne vienne pas me dire que nous ne préparons pas l’arrivée d’un ou plusieurs enfants… 😉

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  7. 3 à 5 ans… Que c’est dur… J’ai du mal à imaginer que ce soit si long mais je me doute que si tu annonces ces chiffres, c’est qu’ils sont exacts.
    Mais vous êtes à deux et c’est toute votre force. Je pense fort à vous.

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  8. Lily, c’est beau de lire comme tu as su faire de ces 48 brouettes un temps fécond de rencontre avec toi-même.
    Plus le temps passe, plus j’observe les enfants qui viennent au monde, leur hyper-sensibilité, et l’exigence que cela représente pour nous leurs parents 😉 … et plus je réalise que ce temps de latence, ces brouettes, que nous aurions volontiers évitées, ne sont pas tout à fait vaines et nous prépare à accueillir nos enfants plus en conscience.

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