et surtout des brouettes

Une semaine dans le tourbillon de la vie

20130214-200723.jpg

Allez, retour sur une semaine de folie… Une semaine dans le tourbillon de la vie…

Vendredi 8 février

J11. Dans ma tête, il n’y a pas le feu au lac. La clinique ne peut m’appeler qu’à partir de J12. En fait, ils peuvent m’appeler dès J11… J’ai rendez-vous dans l’après-midi avec Number four pour vérifier que mon endomètre est ok. Histoire d’être dans les starkings blocks.

11h30. Mon portable sonne. C’est la clinique. Je me dis : « sympa, ils veulent m’informer d’où en est le protocole de la donneuse ». Que nenni : « Mme Duchemin, j’ai une bonne nouvelle. La donneuse est prête. La ponction aura lieu dimanche. Si tout va bien, le transfert aura lieu mardi ou mercredi ». Je tombe de ma chaise… Ah non j’étais debout. Grosse grosse surprise… Mais ce n’est pas plus mal. Pas le temps de cogiter. Ça me va bien.

14h30. J’entre dans le cabinet de Number four. Il m’accueille avec un « vous viendrez m’apporter des oranges en prison ? », référence a la dernière circulaire ministérielle qui incite les gynecos a ne pas envoyer leurs patientes pour une PMA a l’étranger et qui leur rappelle qu’ils sont passibles de 75.000 euros d’amende et de cinq ans de prison s’ils touchent une commission d’une clinique etrangere. Number four en a gros sur la patate, lui qui fait son boulot honnêtement. Nous parlons assez longuement de tout ça (j’y reviendrai, cette circulaire me scandalise… Surtout quand on sait que je suis partiellement prise en charge par la Sécu… Ils vont finir par interdire la PMA en France, je vous le dis !).

Bref, Number four n’en oublie pas de pratiquer l’écho. L’endomètre est assez épais, mon utérus est prêt. Il me donne aussi une ordonnance longue comme le bras pour contenir les risques de fausse-couche. Nous nous quittons sur un « j’espère qu’il fera beau à Barcelone » du médecin.

L’après-midi, je préviens ma collègue qui me remplace les jours où je ne suis pas là que je vais sûrement prendre des congés la semaine prochaine. Et je commence à tout mettre en place pour pallier mon absence.

Le soir, je retrouve mon homme. Nous prenons les billets de train retour pour mercredi soir. Nous attendrons dimanche pour les billets d’avion aller…

Samedi 9 février

Je pars dans la matinée pour un week-end entre copines prévu de longue date. Dernier week-end planifié sur mon agenda… Je ne pensais pas qu’il serait aussi riche en émotions.

Dimanche 10 février

10h30. Nous venons de finir de petit-déjeuner quand mon téléphone sonne. La clinique. La ponction s’est bien passée. Je dois commencer l’utrogestan le soir même. Ils ne peuvent m’en dire plus. Ils me rappelleront demain pour me donner le nombre d’embryons et la date et l’heure du transfert. Mardi ? Mercredi ? On ne sait pas. Mon homme, resté à la maison, s’occupe de réserver l’hôtel et l’avion. Nous décidons de partir lundi soir par le dernier avion.

Ne pas connaître le nombre de follicules prélevés me chafouine toute la journée… J’ai peur que ce soit mauvais signe. En même temps, c’est dimanche. Ils doivent avoir une équipe restreinte. Je commence à être en apnée.

Lundi 11 février

Journée marathon. Premier geste du matin au boulot : déposer ma demande de congés. Puis partir en réunion, annuler les rendez-vous prévu mardi et mercredi… Mais à partir de 10h30, plus rien d’autre n’existe que mon téléphone… Qui reste désespérément silencieux. J’ai de quoi m’occuper pourtant, mais rien n’y fait. Je veux juste que la clinique appelle. Le coup de fil arrivera à 12h36, alors que je ne suis plus qu’une boule de nerf. « Allo, c’est la clinique… Sur les 6 ovocytes matures prélevés, 4 ont été fécondés. Nous vous donnons rdv mercredi à 12h30 pour le transfert. »

La boule dans mon ventre se dissout en un instant. Quatre ! Quatre !!!! Je me sens riche à millions, moi qui jusqu’alors avec mes petits moyens d’insuffisance ovarienne n’est jamais arrivé à plus de deux… Quatre… Si tout va bien, s’ils se développent normalement, ça veut dire que nous pourrons avoir une deuxième chance, avec des embryons congelés… Je suis aux anges…

Il me faut pourtant retourner à mon bureau et me dépêcher de finir mes dossiers… Avec mon homme, nous nous tenons au courant de nos folles journées respectives. Dans l’après-midi, il reste une épine dans mon pied. Mon chef n’a toujours pas validé mes congés. Il me faut donc aller lui demander, en espérant qu’il ne posera pas trop de questions. Moi : « je ne suis pas là demain et mercredi, enfin si tu valides mes congés ». Lui : « c’est pas pour un truc grave au moins ? ». Moi en terrain glissant : « non, non ! ». Lui avec une pointe d’humour : « ah Ben je ne te les accorde pas alors ». Moi sentant bien qu’il plaisante :  » ah non, ce n’est pas grave mais j’en ai besoin ». Il sourit, la conversation s’arrête là. Je suis soulagée. Les congés sont acceptés et je n’ai pas eu à trop en dire.

18h45. Je quitte le boulot mais ne retourne pas chez moi. Je prends directement le chemin de l’aéroport. Des frissons me parcourent. L’impression d’une escapade volée, d’un rendez-vous avec la vie. Je retrouve mon homme sur le trajet. La perspective de l’avion me fait frémir, mais il ne peut rien m’arriver… On va chercher nos bébés. Évidemment je vous raconte ça après. Sur le moment, je n’en mène pas large. Toujours cette sensation de jouer ma vie au décollage. Nous avons emmené Marcel avec nous pour nous porter chance. Le vol se passe sans encombre, même si le vent fait bien bouger l’avion lors de l’arrivée à Barcelone. Une chose est sûre : avoir pris le train au retour est LA bonne décision.

Nous arrivons à l’hôtel, juste à côté de la clinique vers minuit. Le sommeil ne tarde pas à venir.

20130214-194236.jpg

Mardi 12 février

Finalement, nous aurions pu partir mardi mais difficile de s’organiser quand le dernier go intervient le lundi midi. Alors autant profiter de la journée. Une journée hors du temps. Une journée d’émotions contenues où le possible semble probable. Une journée sous le soleil d’hiver de Barcelone. Une journée qui passe à faire l’une des choses que j’aime le plus au monde : flâner dans une ville que je ne connais guère avec mon amoureux.

Une séquence culturelle avec la Casa Batllo de Gaudi.

20130214-194421.jpg

Une séquence farniente à la plage.

20130214-194522.jpg

Pas de doute : j’aime cette ville.

Plus la journée passe, plus l’impatience grandit de mon côté. J’ai hâte de les retrouver.

Mercredi 13 février

13.02.2013. Le 13 porte bonheur, non ? C’est ce que je me dis dans mon lit en ce début de matinée de mercredi. J’ai bien dormi mais je me suis réveillée tôt. Les questions tournent dans ma tête : combien d’embryons ont résisté ? Combien peuvent être congelés ?… La matinée s’éternise et nous arrivons avec plus d’une demi-heure d’avance à la clinique. Après un peu d’attente et le règlement des questions administratives, nous sommes conduits dans une salle d’attente. Une petite alcôve douillette qui jouxte la salle de transfert proprement dite. Une biologiste vient nous résumer la situation : 6 ovocytes ont été prélevés, 4 ont donné des embryons, 3 se sont développés normalement ces deux derniers jours. Deux vont me rejoindre et ils vont laisser l’autre se développer pour voir s’il est apte à la congélation. Nous aurons ces résultats là dans quelques jours.

Puis, nous passons en salle de transfert. On nous apporte une photo des embryons. Celle-là, on ne nous l’avait jamais faite… C’est drôlement émouvant et drôlement irréel de penser que ce bourgeonnement de cellules peut donner un bébé. Les deux petits tapas rejoignent ensuite leur four ! Une bulle blanche apparaît au milieu de mon utérus sur le moniteur de l’échographie. Je contient tant bien que mal mes larmes et serre fort la main de mon homme. Et si c’était enfin la bonne… Et si ça ne l’est pas… Nous rejoignons notre salle d’attente pour une demi-heure de repos. J’ai toujours autant de mal à réaliser… Une heure et demie après être entrés dans la clinique, nous en ressortons et prenons le chemin du retour. Un déjeuner en terrasse, une sieste sur un banc au soleil et nous voilà dans le train. 6h30 de voyage où on se laisse bercer, où on se prend à rêver, où, parce qu’on ne se refait pas, les doutes commencent aussi à effleurer…

Jeudi 14 février

Back to normal Life… Ou presque…

Voilà, tout s’est passé sans la moindre anicroche… Un voyage à l’image de ce doux soleil d’hiver sur Barcelone… Plein de promesses… Dans 15 jours, nous saurons. Nous avons une chance sur deux. Une chance sur deux que l’un, l’autre ou les deux Marcellitos s’accrochent. Une chance sur deux que nos vies basculent… Enfin !

Publicités

81 réflexions au sujet de « Une semaine dans le tourbillon de la vie »

  1. Génial! je suis si contente que tout se soir parfaitement passé! L’attente va être longue, je sais bien… Je t’envoie tout mon courage, et je suis en train de dire à mes bébés d’envoyer de bonnes ondes aux tiens!
    dernière chose : mon transfert aussi avait eu lieu un 13…
    je t’embrasse très fort

    J'aime

  2. Je découvre ton blog, c’est Lilas qui m’envoie parce que je reviens aussi de Barcelone: 3 embryons transférés presque en même temps que toi (le 12)! j’ai adoré ton récit qui m’a rappelé des souvenirs, tu penses bien! j’aurai mon résultat le 26 et j’espère qu’il sera encourageant pour toutes les deux! bonne couvade alors…

    J'aime

  3. Le tourbillon de la vie, d’accord, sauf que cette fois les paroles de fin vont changer !
    Alors tous TROIS on est repartis
    Dans le tourbillon de la vie
    On a continué à tourner
    Tous les TROIS enlacés
    Tous les TROIS enlacés.

    J'aime

  4. C’est très très émouvant de voir ces petites cellules potentiellement des bébés en devenir.
    C’est très très très émouvant de les voir arriver dans le creux de son utérus, de se savoir occupée par eux.
    Je suis très émue par ton récit.
    Maintenant arrive l’attente et son lot de questionnements.
    Il faut tenter de garder l’esprit du doux soleil de barcelone, pendant 15 jours et surtout pendant les 9 mois prochains mois !!

    J'aime

  5. Je ne sais pas si c’est les hormones de synthèse ou un trop plein d’émotions mais votre afflux de commentaires me file la chair de poule. Je ne sais pas si les loustics ressentent vos ondes positives mais moi elles me transportent !!! Bises

    J'aime

  6. Bon, les Marcelittos, faut qu’on cause ! Vous avez là une maman et un papa de rêve qui sont parents dans leur cœur depuis bien longtemps, accrochez-vous, s’il-vous-plait, laissez-vous porter par la vie qui s’offre à vous dans une famille où l’amour va couler à flots, et sachez que les doux picotements qui vous chatouillent sont les milliers d’ondes positives de tous ceux qui espèrent et croient en vous…. !!

    J'aime

  7. J allumais mon ordi pr réserver hotel à Barcelone , (1er RDV pr FIV do le 11 mars ) et puis je suis allée sur ton blog voir s il y avait des nouvelles fraîches !!
    Que je suis heureuse pr vous !! Je croise fort les doigts, pieds y compris !!!

    J'aime

  8. Te deseo un « positivo » Guapa ! Besos, C. Ps : notre deuxième bébé est arrivée par la Cigogne Colombienne. Je te souhaite le même bonheur d’enfouir sa tete dans le cou de son bebe après tant d’attente !

    J'aime

  9. C’est très émouvant, ce récit… On doit être nombreux, même sans se connaître, à croiser très fort les doigts, à y croire, à espérer avec vous…

    J'aime

  10. Le 13 c’était les 8 mois de mon bébé, un petit FIV alors je suis sur qu’il va te porter chance!!!! je reste les doigts croises! good luck

    J'aime

  11. C’est vertigineux ce 50%….. Fascinant, même.
    Je te souhaite ce 50% de tout mon coeur. Je te souhaite même le doublé, tiens, tu verras, on s’en sort 😉
    Bon courage pour cette put… d’attente.
    On est là…

    J'aime

  12. Nous attendions de vos nouvelles… Nous restons là pour les deux semaines qui arrivent…

    J’ai une question technique : je ne comprends pas qu’on parle d’une chance sur deux, en quoi les chances peuvent-elles être presque deux fois meilleures que pour une fertile (comme moi, c’est monsieur qui est OATS) ? J’espère que cette question n’est pas déplacée, elle me turlupine depuis que j’ai lu ça chez toi. La question du don m’est étrangère et ce que je sais, je l’ai appris sur les blogs qui m’ont tellement aidée.

    Bien sûr, le moment est à l’espoir et je croise les doigts pour vous. Nous savons tous que vous serez d’excellents parents, reste à savoir comment et quand… Merci pour ce blog !

    J'aime

    1. C’est une bonne question a laquelle je n’ai qu’une réponse partielle. C’est les stars pour la FIV DO donnée par la clinique espagnole mais aussi les gynecos français… Je pense que comme ils en implantent deux et que les embryons sont de bonne qualité, ça augmente les chances… Bises

      J'aime

      1. Il m’est revenu que certains chiffres sont des taux de grossesse, d’autres des taux de naissance (baby take home rate), ça fait déjà une grosse différence… On regarde les chiffres parce qu’il faut bien se raccrocher à quelque chose, mais il y a tant d’inconnues. Couve bien.

        J'aime

  13. Les larmes me montent aux yeux en lisant ton post (comme souvent!!).
    Espoir, espoir, espoir et espoir !! Qu’ils s’accrochent ces deux petits!!! Je croise aussi les doigts très très fort!
    Et viva españa!!!!

    J'aime

  14. Je repensais à toi ce matin, et je me disais: elle doit être en train de couver… merci de ce partage, c’est une bien belle expérience, qui présage d’une belle suite.
    Bises

    J'aime

  15. Quel bonheur de te lire ce soir ..on attendait en espérant et on est très émues ..On croise on croise on croise fort. Et on vous embrasse !

    J'aime

  16. Ohlala, quelle émotion en lisant ton post, j’attendais impatiemment de vos nouvelles… Je croise fort fort ! Allez les Marcellitos, on grandit bien au chaud maintenant 🙂
    Plein de pensées ❤

    J'aime

  17. J’ai découvert ton existence ce matin chez Caroline qui demandait de croiser les doigts pour toi. Je suis venue voir pourquoi. J’ai croisé. Et je croise et croiserai encore. Ca a marché pour un autre blogueur qui a enfin eu le bébé tant espéré, alors ça marchera pour toi. J’y crois.

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s